24 Heures – La Vallée de Joux aime-t-elle ses futures armoiries?

Une votation consultative est organisée le 18 janvier pour sonder la population de la Commune fusionnée, après des mois de débat. Une première.

En bref:
  • Une votation consultative aura lieu le 18 janvier sur les nouvelles armoiries.
  • Les trois rouages horlogers entrelacés symbolisent l’alliance des trois communes fusionnées.
  • Des opposants critiquent l’abandon des éléments historiques des blasons actuels.
  • Un refus retarderait la fusion d’une année pour trouver un compromis.

Alors que la fusion des trois communes de la vallée de Joux deviendra réalité dans une année, les nouvelles armoiries se voient remises en question. À tel point qu’une votation populaire consultative interviendra le dimanche 18 janvier. Il s’agit pour les autorités de clore un débat émotionnel qui a perduré après le oui populaire en septembre 2024, à coups de pétition et propositions alternatives dans «La Feuille» locale.

L’objet du litige se devait d’être porteur de modernité et de nouveauté. Les trois rouages d’horlogerie entrelacés symbolisent la triple alliance du Chenit, du Lieu et de L’Abbaye; le vert et le bleu rappellent les forêts et les lacs. Les Combiers vont-ils adouber cet emblème qui fait table rase de la plupart des éléments des blasons historiques?

«Jusque-là, nous n’avons entendu que ceux qui sont contre les armoiries. Mais nous n’arrivons pas à prendre le pouls de la majorité silencieuse. Le vote consultatif va lui donner la parole. Il faut avancer sur ce point qui est bloquant», explique Christophe Bifrare, syndic de L’Abbaye. Selon lui, les autorités n’étaient guère enthousiastes à rouvrir le sujet si vite, car le processus de fusion ne se résume évidemment pas à un écusson.

«Du jamais vu» pour des armoiries

«Aller jusqu’à remettre en question des armoiries, je n’avais jamais vu ça! Ça me désole, car je trouve que le projet est cohérent pour représenter la Vallée. Il a été mûrement réfléchi et discuté par un groupe de travail», réagit Olivier Delacrétaz, le concepteur. L’héraldiste vaudois concède l’aspect émotionnel de la question: «Les gens ont parfois de la peine à se séparer de leurs armoiries. C’est une image qui ne varie pas et ils s’y attachent sans s’en rendre compte.»

Bernard Walter se dit persuadé qu’un non franc sortira des urnes «si les gens ne se laissent pas intimider par les arguments des autorités». En 2024, l’octogénaire avait été le porte-parole des opposants aux nouvelles armoiries, défendant une version qui réunit les trois blasons communaux actuels.

De son côté, Jacky Reymond – qui avait proposé un blason avec l’acronyme «LAC» reprenant les initiales des trois communes – salue la tenue du scrutin: «Il ne faut pas s’entêter avec cet écusson qui n’est pas apprécié par tout le monde. Peut-être qu’on pourra repartir sur d’autres bases et arriver à un consensus?»

Et si le non l’emportait? Christophe Bifrare prévient que «le processus pour créer de nouvelles armoiries prendrait plusieurs mois, voire plus d’une année, le temps de trouver un compromis qui satisfasse la majorité. Je souhaite bien du plaisir, mais ce sera sans moi! J’ai déjà fait le travail…»

Source: 24 Heures – La Vallée de Joux aime-t-elle ses futures armoiries?